Accueil
Vercors
Le Belem
Album Belem
Liens
Le Belem

L’histoire qui est en train de s’écrire entre le Belem et moi viens de loin. Ma passion pour les vieux gréements et la navigation a été alimentée par les aventures de différents bateaux à travers plusieurs films, récits et autres médias.

 

Je me suis retrouvé un jour sur le spardeck du trois mâts barque « Belem » par un curieux hasard. Je remonte un peu le temps pour vous emmener avec moi dans cette aventure.

 

Nous sommes en mars 2006, je suis en train de chercher les paroles de la chanson Valparaiso de Sting (générique du film « Lame de Fond »). Au cours de cette recherche je me retrouve sur le site d’un passionné qui me redirige vers celui de la fondation. C’est à ce moment là que quelque chose vas se passer. A l’origine je projetais mes vacances sur l’île de Groix, mais sur le site de la Fondation je venais de découvrir que des places étaient encore disponible pour un stage, justement pendant mes dates de congés.

 

Après avoir pris quelques renseignements auprès de mon oncle, qui navigue beaucoup, je décide de tenter l’aventure…

 

Après quelques longues semaines d’attente et de préparation ça y est : je suis sur le tarmac de l’aéroport de Lyon St Exupéry je m’apprête à monter dans un jet de la Portugal Airlines pour me rendre à Lisbonne, point de départ du stage. Après une bonne heure de vol, pendant laquelle je sympathise avec une hollandaise vivant au Portugal, je pose le pied sur le sol Portugais. A ce moment un idée incongrue me traverse l’esprit : « plus moyen de faire demi tour » et même si je le pouvais le voudrais-je ? Non je suis venu ici et je repartirais seulement à bord du bateau.

 

En attendant le bus qui doit me mener vers le centre je fais la connaissance de Anne et de Jean-Paul, également stagiaire sur le Belem. C’est avec eux que je partagerais mon court séjour dans la capitale Portugaise. Pendant la première après-midi nous partons à la recherche des mâts du Belem le long des quais du Tage. Celui-ci n’a pas accosté à Santa Apollonia mais à Alcantara Mar. Cette petite frasque nous coûte une bonne heure de marche sous le soleil écrasant de cet après-midi Portugais. Nous sommes à bord du tram lorsque l’horizon se trouble avec les trois mâts de notre lieu de vacance…

 

A bord du Belem seul les gabiers de quart sont présents, les autres sont à terre. Ils nous renseignent pour l’embarquement du lendemain. Après toutes ces émotions nous « échouons » dans un bar qui fait front au quai pour déguster une mousse. Anne et Jean-Paul, qui ne sont pas à leur première navigation, partage déjà leurs expériences, j’ai un peu de mal à suivre par moment puisque je n’y connais pas grand chose mais le moment est reste magique puisque demain mon rêve vas se réaliser…

 

Dimanche 18 juin, c’est le grand jour, j’engloutis un copieux petit déjeuner au neuvième étage de mon hôtel puis je finis de fermer les valises avant de partir pour l’embarquement. Je donne un dernier coup de fil, avant de m’engouffrer dans le métro, pour souhaiter une bonne fête à mon Père et pour partager l’excitation qui m’anime. Pendant la matinée Anne, JP et moi-même partons visiter la fameuse Torre do Belem. Puis nous nous offrons un dernier poisson grillé avant de diriger nos pas vers le Belem, ce vieux gréement.

 

Il est 17 heures passé d’une poignée de minutes lorsque la coque en acier du Belem commence à vibrer. Le sol du grand roof, dans lequel tous les stagiaires sont réunis, commence à vaciller légèrement. Ca y est les amarres sont larguées, le Commandant Jean Louis Morzadec son second ainsi que le pilote portugais sont sur le toit de la timonerie. Les gabiers s’activent sur le gaillard et sur la dunette. Les stagiaires quant à eux sont sur le spardeck, appareil photo en main partageant avec un peu d’émotion ce moment, tant attendu par certain et tant redouté par d’autre. Mais quoi qu’il en soit c’est fait, nous allons partager pendant une dizaine de jours les quelques 50 mètres du Belem au rythme des quarts, des heures de propreté et surtout les manœuvres des voiles, le tout ponctués par les repas et les temps de repos.

 

Les premiers coups de la cloche retentissent à 19 heures, c’est le premier service du soir qui va être servi. Etant donné que je prends mon quart à 20 heures je mange au premier service. Ce repas je le partage avec mes camarades de quart. C’est l’occasion de faire connaissance. L’éventail des stagiaires est extrêmement large, nous arrivons de tous les coins de la France, de toutes les catégories socioprofessionnelles et même de tous les ages. Notre doyen, Jacques, est un ancien commandant de la marine marchande, il est âgé de 82 ans. A bord nous avons deux pompiers professionnels, un médecin spécialiste des affections virales, mais pas en trauma comme il nous le rappelait lorsque quelqu’un se faisait mal, ainsi que des employés dans les assurances, agence intérim, laboratoire, chef d’entreprise… De grands moments s’annoncent entre toutes ces personnes. Avec nous il y a également Dietmar un allemand qui fera la traversée dans mon quart.

 

Le quart commence, tous mes camarades se rendent sur la dunette obtenir notre « affectation ». Le n° 52, c’est le numéro de ma bannette qui me servira tout au long du voyage, est envoyé sur le gaillard, pour effectuer une heure de veille. Pour assurer ce rôle je me retrouve avec Manu le gabier de quart et mes camarades Jean Claude et Jeanne. Accoudés sur la lisse nous scrutons l’horizon à la recherche d’une forme, ombre où de quelque objet que nous devrons signaler en timonerie. Pour cette première veille rien à signaler hormis les premiers effets du mal de mer qui se font sentir. L’océan est un peu plus agité que le Tage. Plusieurs de mes camarades sont sur la passerelle prêts à « nourrir les poissons ». La seconde partie du quart se passe tranquillement à la dispo. Etant donné que les voiles sont encore carguées et que le bateau est propulsé par les moteurs nous n’avons pas grand-chose à faire. Nous en profitons donc pour admirer le jour qui s’éteint laissant le Belem pénétrer doucement dans l’immensité incertaine de la nuit dans l’océan. C’est en fin de quart que Manu me propose de prendre la barre, le moment est magique. Le Belem que je sentais vibrer sous mes pieds jusqu’à présent semble m’appartenir et obéir à chacun de mes coups de barre. Le cap doit être tenu et mes yeux sont rivés sur le compas qui me fait face et sur le safran qui est apposé sur les demoiselles.

 

Il est minuit environ lorsque le quart du 0 – 4 heures se présente sur la dunette. Il est temps pour moi et mes camarades de rejoindre nos bannettes. Ces dernières se situent dans la batterie, partie centrale du bateau au niveau de l’eau. Les bannettes sont des couchettes d’environ 80 cm de large sur 190 cm de long. Celle que j’occupe se trouve en hauteur, juste au dessus de Laurent le n° 51, notre médecin. L’ascension vers les bras de Morphée ne se fait pas sans me cogner au plafond ou sur les côtés de la couchette. Mais pour l’heure l’essentiel est de se repasser les images de la journée en attendant que le sommeil me submerge, d’autant plus que je ne lui opposerai aucune résistance.

 

- Debout, le petit déjeuner est servi, il fait beau et la mer est un peu agitée… C’est ainsi que commence ma seconde journée à bord du Belem. L’auteur de ce réveil c’est Gaël, notre gabier ex compagnon charpentier qui est en charge de tout ce qui concerne le bois à bord (et il y en à). Chaque matin Gaël jouera les hôtesses d’accueil variant à souhait les réveils, s’amusant presque à reprendre les gestes de consigne de sécurité à bord d’un avion. Pour ma part ce matin, comme presque tous les autres durant le voyage, c’est l’estomac criant famine qui me tire de mon sommeil. Je sors donc et rejoins les autres, plus ou moins frais selon le quart qu’ils ont effectués, pour partager ce repas. Nous ne sommes pas très nombreux autour de la table, l’océan continu à indisposer certains de nos camarades.

 

Le petit déjeuner est terminé et une partie des stagiaires est priée de se rendre sur le pont pour effectuer la tâche de propreté. Ce matin notre bosco, Pépé, nous assigne au lavage du pont. Balais brosse en main, seau de savon à porté de la main nous frottons avidement le pont. De temps en temps je relève les yeux et cesse de frotter, le mal de mer me reprend il faut que je rétablisse un équilibre afin de pouvoir continuer à laver le pont. Après une heure le pont est propre depuis le gaillard et jusque sur la dunette. Dans la cuisine Emma et Lionel s’activent, le premier service est à 11 heures et tout doit être prêt. Les personnes de quart sont à leurs postes, les gabiers de quart s’activent sur les drisses. En effet une manœuvre se prépare. Les vents ne nous sont pas très favorables mais nous allons tirer des bords. Nous hissons donc les voiles d’étai ainsi que la misaine et le grand foc. Après les derniers réglages de voilure les moteurs sont coupés. Nous filons plein ouest je récupère la barre avant de passer au repas.

 

L’après midi le Commandant nous retrace l’histoire du Belem. Puis, vers le milieu de l’après midi, nous procédons à un exercice d’évacuation d’urgence. Ainsi nous nous retrouvons tous sur le spardeck avec Bernard, le Capitaine, qui nous donne les quelques consignes élémentaires à connaître. Juste avant le repas nous affalons toutes les voiles et remettons les moteurs pour la nuit. Le quart se déroule tout aussi bien. Les matelots de quart nous invite à nous rendre dans le petit roof pour visionner un reportage sur le Picking, un des derniers 4 mâts ayant passé le Cap Horn, une vidéo qui a donné des frissons à certain d’entre nous. Avec des creux d’un vingtaine de mètres, un pont totalement submergé par l’eau, les acrobaties des matelots sur les vergues, le reportage nous laisse imaginer ce que ce doit être et nous fait presque croire que nous effectuons une croisière de plaisance… Mais chaque chose à sa place et notre voyage est également un périple à hauteur de nos possibilités.

 

Les deux autres jours sont à peu prés semblables. Nous sortons l’huile de coude et le Miror et nous nous attaquons patiemment aux cuivres du Belem pendant le rôle de propreté. Le Commandant nous donne notre position puis nous fait un cours sur les gréements et sur les feux de navigation. La table de la batterie, lors des repas, ne compte pas encore tous les convives qu’elle devrait recevoir. Des marsouins s’amusent autour de la coque acier, ils vont de la poupe à la proue en se jouant de nos objectifs photographiques, difficile des les avoir. Pourtant le mercredi matin quelque chose de différent se passe sur le pont. Depuis quelques heures la côte est venue casser la rectiligne circulaire que formait l’horizon. Après avoir remis le cap au nord est le Commandant nous à ramené vers la côte espagnole et la baie d’Arosa où nous allons mouiller pour une journée environ. Il est midi lorsque l’ancre touche le fond caillouteux de la baie. Les moteurs sont coupés, le bateau va continuer à osciller pour se mettre face au courant. Nous passons eu repas, une émotion particulière nous anime tous, cet après midi nous allons enfin aller à terre, sentir le plancher des vaches sous nos pas. Mais déjà certains redoutent les effets du mal de terre. Quoi qu’il en soit vers 14 heures le zodiac commence ses navettes. Le Belem se vide au fur et à mesure des rotations de l’ensemble de ses stagiaires mais aussi d’une partie du personnel de bord.

 

Ca y est nous sommes à terre, le soleil est magnifique et le roulis a cessé, du moins pour les quelques premières minutes. En effet les trottoirs de cette petite bourgade, quasiment déserte, semblent être mal arrimés. Malgré tous mes efforts pour me persuader que le sol ne bouge pas, mon corps continu à compenser, la sensation n’est pas forcément désagréable mais il me tarde de m’asseoir pour que cela cesse. Après avoir goûter du bout des pieds la fraîcheur de l’eau nous nous rendons en « ville » pour trouver une pharmacie pour ceux qui en ont marre de ne voir que la coque du Belem… D’autres souhaite trouver des timbres mais nous sommes dans une station balnéaires en Espagne et en plus il est 15 heures. Le côté désertique de la ville se justifie sur le fait que la saison n’est pas encore commencée et nous débarquons en plein pendant le Siesta… Autant dire qu’une grande partie des stagiaires se retrouvent sur l’une des rares terrasses ouverte, la patronne semble un peu submergée mais elle garde son sang froid. Nous apprécions ce moment de calme, assis face à la baie avec le Belem dans le viseur, une bonne bière fraîche à la main et un spectacle des plus amusants. Quelques uns de nos camarades se risquent dans l’eau, certains sont partis pour une séance de natation d’autres restent hésitant regardant le flux et le reflux de l’océan se demandant si ils vont supporter la température.

 

Mais l’heure avance et ce soir l’équipage nous a convié pour boire le punch. Après une dernière virée sur un sentier en bois le long de la côte nous rejoignons le port pour reprendre le zodiac. Une fois à bord c’est dans le grand roof que le punch est servi, sur la passerelle quelques stagiaires poussent la chansonnette avec Jérémy qui à sorti son diatonique et Manu sa guitare. Ce soir c’est la fête de la musique et sur la passerelle nous tenterons de la fêter. La cloche du repas sonne. Après le dîner certains ressortent boire un coup à terre, pour ma part je ne tenterais pas le diable. De plus je voudrais bien voir le coucher du soleil et profiter de ce petit moment pour continuer à faire connaissance avec d’autres stagiaires.

 

Une nuit presque complète se termine, dans quelques heures nous allons appareiller pour reprendre notre route. La suite du voyage va se dérouler dans le Golfe de Gascogne, dans lequel nous entrerons en passant par le DST (Dispositif de Séparation des Trafics). Cette prochaine étape me rend perplexe. D’après les récits des stagiaires mais aussi celui des gabiers, le Golfe n’est pas un passage de tout repos. Lorsque la mer devient grosse en cette partie de l’Atlantique il semblerait que ce ne soit pas de la rigolade, surtout en cette saison. Certains gabiers se sont amusés à nous annoncer des creux de 8 à 10 mètres, une houle impressionnante de tel sorte que le beaupré serait bien salé à la fin du voyage. Mais le Golfe de Gascogne c’est aussi une mer calme surtout quand les vents jouent à la petite bise rafraîchissante. Mais on verra bien ce que Gascogne nous réserve…

 

9 heures l’ancre est levée. Le Belem retrouve sa liberté sur les flots calme de la baie d’Arrosa. En douceur les moteurs font manœuvrer le navire pour repartir vers le nord. Au passage une poignée de Dauphins viennent s’amuser autour de la coque. La magie de ce balai rend tout le monde un peu euphorique mais les manœuvres ne sont pas encore terminées. Nous hissons toutes les voiles à l’exception des cacatois et du petit foc. Pendant que le Trois-mâts suit tranquillement sa route vers la France, le Commandant nous fait un cours sur les cartes, comment se repérer et tracer une route en se servant des points de repères donnés par la côte. Ce cours me permet de mieux comprendre comment lire les cartes qui se trouvent dans la timonerie. Désormais je saurais comment interpréter la route que nous avons faite et celle que nous devons suivre. Sur le Spardeck, dans l’après midi, Jérémy nous a appris comment faire une surliure (ligature faite avec du fil à voile sur l'extrémité d'un bout afin d'éviter que les torons se détorsadent). Après quelques essais infructueux nous arrivons à réaliser une surliure qui convient à notre instructeur.

 

Le lendemain nous avons pris notre quart à 4 heures du matin. Je suis avec Anne Marie et Denis (gabier) sur le gaillard. Mes yeux ont du mal à distinguer l’horizon qui se confond avec la brume. La veille passe très vite puis, pendant notre temps de dispo, nous nous retrouvons au chaud dans la cuisine. Partageant un fruit avec mes camarades de quart nous discutons de tout et de rien. Mais le moment le plus magique de ce quart fut lorsque je pris la barre. Avec à l’est le soleil qui pointait ses premiers rayons, transperçant les dernières écumes de nuages, et les dauphins qui par moment nous suivent et jouent de part et d’autres du Belem. A cet instant précis la dunette est quasiment vide, le calme qui règne sur l’océan, le ronronnement des moteurs ne trouble en rien l’impression d’être le seul maître à bord !!! Mais le petit déjeuner approche et je vais bientôt devoir laisser la barre pour aller lester mon estomac.

 

Dans la matinée le Commandant nous autorise à mettre les harnais pour grimper dans la mature. Autant écrire que l’ensemble des stagiaires ne se fait pas prier pour endosser le système de survie. Sur le Spardeck les appareils photos commencent à chauffer. Les premiers alpinistes sont en route pour gravir les quelques mètres qui séparent le pont du plateau de hune du grand mât. En attendant mon tour je suis, entre autre, préposé à la photographie, je me retrouve dons avec quatre appareils autour du cou. Du manuel de Myriam au numérique de Anne je déclenche à tout va pour immortaliser ce moment. Le ciel est entièrement dégagé, la mer est calme, je suis sur la grande vergue pointant le regard sur l’horizon. A mes côtés Charlotte fait de grands signes à nos amis d’en bas, ces derniers ont l’air tout petit vu d’ici.

 

Notre route avance sur le Golfe de Gascogne, nous avons mis la barre vers le nord est pour remonter sur l’Ile de Groix, où un mouillage est prévu. Nous sommes le dimanche 25 juin, nous avons hissé toutes les voiles en vue de faire une « japonaise » en zodiac. Cette activité très prisée par les stagiaires consiste à faire le tour du Belem pour fixer son image dans nos appareils. La mer est calme, le vent ou plutôt la souffle d’air est léger. Sur les photos quelques voiles sont plates mais ce n’est pas grave. Aux commandes du zodiac Jérémy nous a amené sous la poupe pour voir les hélices puis sous le beaupré. De retour à bord nous avons pus monter dans le beaupré puis sur la vergue du grand cacatois ( 34 mètres au dessus du pont). Sylvine et moi partageons ce moment unique rythmé par le lent balancement du bateau.

 

C’est lundi vers la fin de la matinée que nous avons jetés l’ancre au large de Port Tudy (Ile de Groix). Dans l’après midi nous sommes partis, Franck, Sylvine, Laurent, Anne, Anne-Marie, Yannick et moi-même, pour faire une virée à terre au « Trou de l’enfer ». Après presque 2 heures de marche la soif c’est fait sentir, nous avons donc « jeté l’ancre » sur la terrasse d’un bar du port. Après un agréable moment sur cette terrasse nous sommes retournés sur le bateau pour le dîner mais aussi pour partager un nouveau punch avec l’équipage. Après nous sommes retournés à terre pour manger une crêpe. Cela aurait été dommage de se rendre en Morbihan sans déguster une bonne « crêpe au salidou », le caramel au beurre salé dont ils ont le secret… Puis nous avons retrouvés l’ensemble de la troupe au Ty Beudeff pour boire un dernier coup ensemble avant de reprendre la mer.

 

Derniers jours à bord du Belem. Le mardi nous appareillons vers 9 heures pour nous retrouver dans la pétole au sud de Belle Ile en Mer. La chaleur sur le pont est écrasante. Le bateau file à un nœud de moyenne, la mer est d’huile et le temps semble ne s’être suspendu sans crier gare. Dans la soirée le vent se lève de nouveau nous permettant de hisser quelques voiles. Dans la nuit nous effectuons un virement de bord. Nous avions attendus le 4-8 pour effectuer les manœuvres nécessaires. Après une bonne demi heure le bateau prendre la direction qui va nous mener vers St Nazaire. Nous nous approchons de l’embouchure de la Loire et, vers 14 h 30, nous embarquons le pilote qui vas guider le Belem pendant les 6 prochaines heures le temps de remonter la Loire pour accoster sur le quai de l’Aiguillon.

 

Pendant l’après midi nous embarquons aussi une équipe de télévision qui vas faire un reportage pour célébrer le retour du Belem dans son port d’attache après deux ans d’absence. En cours de route nous croisons quelques cargos mais l’eau a bien changé de couleur.

 

Après quelques heures de ce trajet fluvial un petit voilier vient à notre rencontre, il s’agit du Babar un voilier qui appartient à un gabier du Belem. Celui-ci est à la barre et viens nous faire un petit coucou, avant d’embarquer lui-même sur le Belem. Le Babar et le Belem font route ensemble jusqu’à ce que les quais Nantais soient en vus. Sur le quai une centaine de personnes sont venus accueillir l’emblème des chantiers navals de Nantes.

 

Ca y est le voyage se termine, nous avons encore une nuit à passer à bord avant de débarquer définitivement demain matin. Après avoir mis pied à terre nous nous retrouvons au bar qui fait face au quai. Une partie de billard s’engage entre certains stagiaires, quant à moi je pars accompagné de Louise, Charlotte et Gaël pour rejoindre Jérémy et finir la soirée dans un club salsa de Nantes. La fatigue ayant le dessus nous retournons à bord dans la nuit.

 

Le lendemain nous prenons le temps de rassembler nos affaires puis nous montons sur la passerelle et échangeons nos dernières impressions. Une certaine amertume ce fait sentir et les quelques stagiaires qui sont restés à bord tardent à quitter Notre Trois-mâts. L’aventure se termine presque pour moi. Je passe une journée à Nantes pendant laquelle je visite un peu. Je reprends l’avion vendredi matin pour rentrer dans mes montagnes. Il me faudra presque 3 jours pour atterrir. Le sol du Vercors est trop bien arrimé, quelque chose me manque mais en tout cas une chose est sûre : ce premier voyage fut une expérience exceptionnelle et je compte bien la renouveler. Comme le disait Myriam, Fred, Florent et d’autres encore : « Dés que l’on y goûte on attrape le virus » et je crois que c’est ce qui viens de m’arriver, c’est grave docteur ?

 

En guise d’épilogue je vais simplement remercier tous les stagiaires, les membres d’équipage, les personnes de la fondation et tous ceux qui de prés ou de loin font vivre les traditions de la marine. Je tiens aussi à m’excuser auprès de ceux que j’aurais oublié dans ce récit, je les garde quand même en mémoire…

 

Bon vent à toutes et à tous et merci d’avoir lu jusqu’ici…

 

 

      Fafa

 

 

© 2006